Eau & Plomb: le retard de la France

D'ici 2013, l'eau du robinet devra contenir moins de 10 microgrammes de plomb (Pb) par litre, ceci afin de prévenir d'éventuels problèmes sanitaires. Mais la France risque de ne pas tenir ce pari ambitieux à temps, faute d'une volonté politique suffisante. Explications.



10 microgrammes par litre (µg/l), ce sera le taux maximum de plomb que devra comporter l'eau potable à la sortie du robinet en 2013.
«Pour obtenir une telle valeur, souligne Gilles Boulanger, directeur technique eau à la Lyonnaise des eaux, on n'a pas le choix: il faut remplacer tous les tuyaux en plomb.»

La solution ? Il s’agit – purement et simplement – de changer 34% des conduites d'eau des logements en France (étude Inter-Agences de l'eau de mars 2000) et 3,4 millions de branchements ! Car il s’agit là de la part correspondant à la seule partie publique raccordant le réseau d'eau potable au compteur individuel, ce qui donc n’inclut pas les travaux auxquels devront se soumettre également les propriétaires.
Ainsi, pour répondre à la réglementation européenne, le gouvernement français veut agir en deux étapes :

• D'abord, le remplacement des branchements doit permettre d'arriver au seuil de 25 µg/l. Fixé à décembre 2003, ce remplacement n'est pourtant pas encore effectué partout. Or remplacer un branchement revient environ à 1.000 euros.

• Ensuite, pour les canalisations privatives, les actions des pouvoirs publics apparaissent moins bien engagées. Car deux raisons sont évoquées, à commencer par le manque d'informations puisque les particuliers ne connaissent pas cette obligation.

La dernière démarche du ministère chargé de la santé a été l'élaboration d'un dossier de presse à la fin de l'année 2003.
Aucun autre projet pour informer le grand public ne semble en cours.

«Dans de nombreux immeubles parisiens de centre-ville, les travaux vont être très lourds, constate Gilles Boulanger. Il va falloir détruire des murs pour atteindre certaines colonnes montantes.»
Or les frais sont à la charge du propriétaire, même si l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah) subventionne les travaux de réhabilitation engagés en parties privative et commune.

Et, pour le moment, peu de personnes en profitent.

Jeudi 26 Mai 2005
BM



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