Emballages et développement durable : quelles solutions pour la filière ?

XERFI vient de publier une étude approfondie, après plusieurs semaines d’enquêtes et d’analyses, sous le titre : « La filière de l’emballage face au défi du développement durable ‐ Enjeux environnementaux et stratégies d’adaptation des acteurs ». Auteur de l’étude : Bertrand PERRI.



Emballages et développement durable : quelles solutions pour la filière ?
Voici quelques‐uns des principaux enseignements de cette analyse de 160 pages.

La réglementation menace la survie de la profession…
Ce sont les emballages en papier carton et en plastique qui sont directement concernés par le durcissement de la politique environnementale en matière de réduction des emballages, en raison de leur faible niveau de recyclage (essentiellement pour le plastique).
Ces deux secteurs du papier‐carton sont d’ailleurs les principales composantes de la filière, concentrant tous deux les deux tiers du chiffre d’affaires et plus de la moitié des tonnages mis sur le marché en 2007. Une baisse importante de l’activité productive de conditionnements en papier‐carton ou en matières plastiques aura donc un impact mécanique et de forte amplitude sur le gisement français d’emballage et son bilan environnemental.

… mais les opérateurs ont encore une carte à jouer
Menacés par les questions environnementales mais aussi par la concurrence de produits importés, et handicapés par l’érosion des marges, les spécialistes des emballages ont choisi de passer à l’offensive. Ils cherchent en particulier :
– à mettre sur le marché des produits plus innovants répondant davantage aux nouvelles préoccupations des clients et aux contraintes réglementaires ;
– à alléger les emballages, avec pour objectif de réduire les quantités de matières consommées ce qui permet d’abaisser le coût des approvisionnements ;
– à investir le marché des emballages biodégradables ou recyclables, dont l’avenir s’annonce prometteur.

Quelles stratégies vertes gagnantes à l’horizon 2015 pour la filière de l’emballage ?

Les biomatériaux et le recyclage en tête

1. Alléger les emballages (réduction à la source)
Début du cycle de vie (démarche préventive)
⇒ Croissance à moyen terme (2010‐2015) : FAIBLE
L’industrie française de l’emballage a connu une véritable course à l’allégement au cours des vingt années écoulées, quel que soit le matériau de conditionnement considéré (exception faite pour le bois).
A la clé : de substantielles économies de matière première vierge et d’énergie (eau, pétrole, électricité, etc). Les progrès réalisés sont tels, qu’en l’absence de véritable rupture technologique, ces derniers seront moindres au cours des cinq prochaines années. Les limites techniques (résistance mécanique) semblent en effet désormais atteintes ou en passe de l’être sur la quasi‐totalité des marchés.

2. Développer les biomatériaux
Début du cycle de vie (démarche préventive)
⇒ Croissance à moyen terme (2010‐2015) : FORTE
Encore très étroit, le micro‐marché des biomatériaux, et en particulier celui des bioplastiques est appelé à se développer au cours de la période 2010‐2015. Leurs caractéristiques intrinsèques, les contraintes entrepris par les industriels pour améliorer les rendements, l’intérêt grandissant des utilisateurs ainsi que l’émulation de la recherche dans la chimie plaident en faveur d’un accroissement des conditionnements bioplastiques.

3. Investir pour protéger l’environnement (diminution des pollutions générées par l’outil industriel)
Démarche préventive
⇒ Croissance à moyen terme (2010‐2015) : MOYENNE
La crise économique passée, les transformateurs relanceront leur plan d’investissement en faveur de la réduction de leurs nuisances sur l’environnement (pollution de l’air et des sols, etc).
Notons tout de même que certains industriels (métaux, verre, papiercarton) sont soumis à des allocations de C02. En effet, le contexte réglementaire (PNAC I et II) encadre les émissions de pollution de certains industriels qui sont alors contraints d’investir pour réduire leurs émissions.
Cela étant, la croissance des dépenses sera moindre que celle observée au cours de la décennie écoulée, et cela compte tenu des importants investissements déjà entrepris. Le traitement des eaux usées et des fumées continuera de constituer les deux principaux domaines ciblés par les investissements environnementaux.

4. Recycler les emballages
Fin du cycle de vie (démarche corrective)
⇒ Croissance à moyen terme (2010‐2015) : FORTE
L’industrie française de l’emballage a fait d’importants progrès en matière de recyclage au cours de la décennie écoulée (taux de recyclage en hausse de 19 points entre 1997 et 2007), et cela grâce notamment à l’extension et à la structuration des circuits de collecte et aux actions en amont entreprises par les transformateurs en matière d’écoconception.
Et le mouvement est appelé à se poursuivre, compte tenu des contraintes réglementaires fixées dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Par‐delà les obligations réglementaires, des gisements sont encore mobilisables car techniquement recyclables. Ainsi, les ordures ménagères résiduelles contenaient encore un tiers d’emballages en 2008. L’essor des bioplastiques, synonymes de développement des conditionnements recyclables, ouvre de nouvelles opportunités pour le plastique, matériau qui présente le taux de recyclage le plus faible de la filière. La poursuite de la généralisation de la collecte sélective jouera favorablement sur l’accroissement du recyclage des emballages en verre. A l’opposé, les marges de manoeuvre seront plus réduites sur le segment des emballages papiercarton, en raison d’une plus grande difficulté à mobiliser les gisements restants (emballages souillés présents dans les ordures résiduelles et présentant un taux d’humidité et d’impureté élevé). De même, la dynamique de la récupération de conditionnements métalliques sera tributaire de l’évolution du parc d’incinérateurs.

5. Valoriser en boucle ouverte (réutilisation, réemploi)
Fin du cycle de vie (démarche corrective)
⇒ Croissance à moyen terme (2010‐2015) : FAIBLE
La réutilisation et le réemploi des emballages apparaissent marginaux en France. Si ces deux formes de valorisation présentent un intérêt économique pour les transformateurs (source de revenus complémentaires), ces dernières sont étroitement liées au progrès du recyclage. Ainsi, l’essor du recyclage à l’horizon 2015 s’accompagnera d’un recul mécanique de la réutilisation et du réemploi des conditionnements.

Lundi 22 Février 2010
BK



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