LES MOTS ET LE LANGAGE DE L'URGENCE

Les Annales des Mines, série Responsabilité & Environnement



LES MOTS ET LE LANGAGE DE L'URGENCE
Pourquoi ce titre ?

Le raz-de-marée en Asie du sud-est, devenu pour tous le tsunami, a montré, au-delà de l’effet de mode médiatique du terme, combien les communications étaient essentielles, du plus technique au plus humain : parler un même langage, s’entendre, déjouer les malentendus et pièges de toutes sortes, telles sont les conditions pour s’entraider.

L’objectif de ce numéro sur le traitement de l’urgence consiste à donner à voir avec l’œil d’autrui, lesté d’autres savoirs et d’autres modes d’approche, à placer le lecteur dans cette situation de nouveau regard, tant sur l’action que sur l’échange, pour lui donner les moyens de changer et faire changer ses manières de (pré)voir l’urgence et d’y répondre.

Dans l’action d’abord, qu’est-ce qui peut être organisé et anticipé et à quel niveau ?

Mais, entre les États, les citoyens, les organisations et les entreprises, les rôles face à l’urgence sont souvent confus, en fonction des informations détenues, comme le montrent Jean-Louis Zentelin et Raphaël Baumler à propos de l’effet de serre et de la sécurité maritime. En revanche, dans les sphères professionnelles telle que la médecine, où les rôles et pouvoirs sont clairement attribués et reconnus, l’organisation, jamais parfaite, bien sûr, est cependant efficace, c’est ce dont témoignent les docteurs Bargain et Deslandes.

Dans l’échange nécessaire, ensuite, il faut compter avec le paramètre du temps vécu, lequel ne l’est pas partout de la même façon. De même, les aspects relationnels sont essentiels pour organiser la coopération, et cela encore plus dans l’urgence. Ces aspects prennent forme à travers le langage (Marie Berchoud), d’où l’importance de formations systématiques autour du langage et des langues.

Enfin, il y a le «retour d’expérience » (Danièle Trauman), reformulation et échange d’expériences après coup, qui permet une mise à distance des représentations habituelles et, de ce fait, une disponibilité à l’élaboration de nouvelles solutions. En arrière-plan se place la philosophie, qui n’est pas forcément un aimable divertissement à l’usage des oisifs, mais une nécessité quotidienne ainsi que nous l’explique Ken Helt, tandis que Philippe Madelin revient sur son expérience des médias en situation d’urgence.


Editions Eska
Prix : 23 euros
www.annales.org

Mardi 20 Septembre 2005
BK

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