Le paradoxe du changement climatique : le CO2 allié du pétrole grâce à la séquestration



Le paradoxe du changement climatique : le CO2 allié du pétrole grâce à la séquestration
En injectant une quantité suffisante de CO2 dans ses champs pétrolifères, Les USA pourraient voir leurs réserves de pétrole quadrupler.
Ceci peut sembler étrange. Le dioxyde de carbone est associé au réchauffement climatique, qui a poussé les gouvernements et autres environnementalistes à réduire l’usage du pétrole. Mais dans les champs de la société SACROC, part de la déclinante ceinture pétrolifère d’Amérique, le CO2 procure un élan nécessaire à l’industrie.
En injectant du gaz sous pression dans les profondeurs, les compagnies de pétrolières font remonter plus de pétrole et procurent une vie nouvelle à des gisements déclinant depuis des décennies. Ainsi, si les compagnies pétrolières peuvent récupérer le CO2 produit par d’autres industries, alors il pourrait devenir un allié pour celles-ci.
Le procédé utilisant le CO2 pour améliorer la récupération du pétrole est seulement un marché de niche, aujourd’hui" déclare M Adams, ingénieur CO2 chez Kinder Morgan, la plus importante société américaine de transport de CO2 en vue de l’amélioration de l’extraction pétrolière.
Cette compagnie basée à Houston tire la majeure partie de son gaz de gisements naturels dans le Colorado. Elle achemine ensuite celui-ci aux champs pétroliers de la West Texas où il est injecté à 1600 mètres de profondeur.

En dépit d’une croissance ferme de cette "extraction améliorée" depuis 2000, ce procédé n’intervient que pour environ 5 pour cent de la production américaine, soit 24 000 barils/jour.
Désormais, Kinder Morgan et quelques autres compagnies envisagent une sérieuse croissance de ces chiffres – si ils peuvent capter et transporter les émissions des centrales électriques, fabriques de ciment et autres.

Capter le dioxyde de carbone directement à la source émettrice, plutôt que de le relâcher simplement dans l’atmosphère, est l’une des quelques solutions à court terme au réchauffement de la planète faisant l’objet d’une considération actuellement. Selon ce scenario, les gaz seraient enterrés dans des strates profondes, un procédé appelé "séquestration".
Quelques environnementalistes sont favorables à l’amélioration de l’extraction par le CO2 comme accélérant la séquestration.
"Nous voyons en ce procédé un grand allié de la séquestration du carbone" déclare A. Scott Anderson, conseiller en stratégie énergétique pour une association environnementale à New-York.

Quelques industries cherchent à collecter une partie des 6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone que les USA émettent chaque année. Si la collecte atteint un seuil critique, cela pourrait quadrupler les réserves de pétrole américaines jusqu’à environ 89 milliards de barils, selon une déclaration du Département à l’Energie américain datée de l’an dernier.

Des projets soit sont en cours de réalisation soit font l’objet d’études de faisabilité.
Les tenants du procédé déclarent qu’il pourrait fournir un débouché allégeant le coût de la séquestration et des canalisations ou autres infrastructures nécessaires à la collecte et à l’acheminement du CO2 en Amérique. M Andersan à déclaré que "si les personnes étudiant la collecte du CO2 peuvent s’allier avec celles des champs pétroliers, et ils en sont proches dans de nombreux cas, l’industrie pétrolière pourrait finir par financer la collecte et le transport du CO2"

D’autres cependant, restent sceptiques. D’un certain côté, l’infrastructure nécessaire est une tâche monumentale. Pour fournir assez de dioxyde de carbone aux entreprises pétrolières, l’industrie devrait collecter et transporter autant de CO2 sous sa forme liquide par jour que les américains consomment de pétrole dans la même période de 24 heures ?
Certains avancent que ce plan fait peu pour décourager l’utilisation des carburants fossiles. "Si vous utilisez le CO2 pour extraire plus de pétrole, et ensuite brûlez ce pétrole, vous relâcherez alors autant de gaz que vous en aurez injecté et capturé. Cela n’aide en rien la planète" déclare par exemple Joseph Romm, proche du Centre de Progrès Américain.

Malgré tout, l’industrie avance. L’année passée, Denbury a annoncé des plans pour l’achat du CO2 émis par une future usine de fertilisants à Donaldsonville.
La même société a acheté des champs pétroliers au sud de Houston et prévoit une canalisation qui pourra transporter le CO2 depuis des centrales électriques ou de ses réserves naturelles.
En injectant le CO2 sous terre, "non seulement nous aidons à la protection de l’environnement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, mais nous produisone également du pétrole supplémentaire qui réduira la facture d’importation de notre pays" déclare Garth Roberts, PDG de Denbury, dans un communiqué datant de juin 2007.

Lundi 17 Septembre 2007
CB








En ce moment
sur France Matin

En ce moment
sur UPA

Inscription à la newsletter