Une agriculture moins vulnérable à la sécheresse

les pistes de l'Inra

Pour devenir moins vulnérable à une sécheresse comparable à celles de 2003 et de 2005, l'agriculture française ferait mieux de renoncer à la monoproduction et de promouvoir des cultures encore marginales mais résistantes au manque d'eau, comme le sorgho, conclut une expertise commandée par le ministère de l'Agriculture, à paraître jeudi.



La culture en « panier » plus stable dans le temps

Une agriculture moins vulnérable à la sécheresse
"Un « panier » de systèmes de culture peut rapporter un peu moins qu'une monoculture irriguée en année normale mais éviter de fortes pertes en année exceptionnelle", soulignent les 25 experts de toutes disciplines réunis à l'initiative de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Les sécheresses, longtemps vécues comme un phénomène exceptionnel, pourraient se banaliser en France avec le réchauffement climatique.

C'est surtout dans le Sud-Ouest producteur de maïs - où les besoins d'irrigation les plus forts coïncident avec les périodes d'étiage des rivières - que les difficultés sont évidentes.
Le Sud-Est, pourtant plus sec, n'a pas ces problèmes grâce aux possibilités d'irrigation autorisées par le Rhône et la Durance.

Privilégier les bassins versants

Une agriculture moins vulnérable à la sécheresse
Le rapport recommande donc aux pouvoirs publics d'établir pour chaque bassin versant un bilan hydrique, en croisant les trois paramètres que sont les précipitations, les sols et les systèmes de culture dans cette zone. De telles études permettraient la mise en place d'accords de gestion volumétrique de l'eau, basés sur la solidarité entre les parties prenantes. Cette mesure "se justifie dans des situations de fort individualisme des irrigants, lorsque ceux-ci sont peu conscients des enjeux locaux de partage de l'eau à l'échelle du territoire", font-ils valoir. La tarification de l'eau, qui pourrait être modulable en fonction de la rareté, devra être élaborée suffisamment tôt "avant la campagne, pour que les irrigants puisse la prendre en compte dans leurs choix d'assolement".

Les experts estiment par ailleurs que "des marges importantes de progrès" existent dans la sélection de variétés moins gourmandes en eau.

On sait déjà produire des maïs moins sensibles au manque d'eau pendant la période critique de la floraison.

Les cultures d'hiver pourraient être encouragées car elles présentent l'avantage de croître lorsque les pluies sont abondantes et l'évapotranspiration réduite.

"Les pistes les plus intéressantes" sont offertes par les espèces à fort enracinement, au feuillage réduit (minimisant la transpiration) et tolérantes à la sécheresse, en particulier le tournesol et le sorgho.

Les variétés précoces de tournesol sont d'excellentes candidates à un assolement alternatif en cas de sécheresse.

Le sorgho offre lui une bonne rentabilité, mais se posera le problème des débouchés.

Jeudi 19 Octobre 2006
BM

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